L’hôpital en état d’urgence : une piqûre de rappel

L’hôpital est devenu un enjeu de santé publique et des réformes se mettent en place : réorganiser les services des hôpitaux, une meilleure performance dans la médecine de ville et réduire le temps d’attente aux urgences. Quels sont les enjeux pour les patients ? Comment sera l’hôpital de demain ?

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CC   Creative Commons

 

Moins de postes et plus d’heures 

Selon l’Etat une suppression de 800 à 1000 postes serait envisageable afin de financer une modernisation des hôpitaux. La liste des problèmes est longue, avec d’une part, un manque de médecins et une mise en place plutôt mal perçue des 35 heures. Les heures de travail des médecins dépassent souvent les 60 heures par semaine ce qui est en total contradiction avec les normes européennes, de plus l’activité hospitalière devrait être prolongée jusqu’à l’âge de 70 voire 72 ans.

Une organisation compliquée 

Les blocs opératoires sont sous utilisés car 80% des actes chirurgicaux sont pratiqués dans seulement 22% des blocs opératoires. Environ 112 blocs opératoires ont une activité en dessous du seuil fixé par la « haute autorité de santé » soit moins de 2000 interventions par ans. De plus, 8000 salles d’opérations existent dans des petits hôpitaux qui, eux, pratiquent en moyenne moins de 2 opérations par jour. De plus, il y a une grande concurrence avec les cliniques car, elles, interviennent dans 70% des actes chirurgicaux.

Les médecins n’en peuvent plus !

Il y a une désaffection des médecins vis-à-vis de l’hôpital public. En effet, ils doivent traiter nombre d’interventions non médicales, gérer des épidémies et de nombreuses files de patients très nombreux. Cela a pour conséquence une surcharge de travail importante qui joue sur la fatigue et l’énervement des professionnels et des patients suite à des heures d’attente en consultation et plus encore aux urgences. Selon l’association ASSPRO (Association de Prévention du Risque Opératoire), les spécialistes de blocs évaluent leur stress à un niveau 8 sur une échelle à 10. Tout cela a un impact sur le long terme car il y a encore une difficulté de formation ; nous pouvons le voir car 30% des postes sont occupés par des médecins ayant un diplôme étranger. Egalement les salaires sont peu élevés. Etre médecin est un travail avec de lourdes responsabilités et les praticiens craignent les accidents médicaux.

Un événement tragique

L’actualité a, malheureusement, mis à jour toutes ces difficultés du milieu hospitalier avec le décès de Noami Musenga. Le 29 décembre 2017, cette jeune femme de 22 ans prend contact avec le SAMU de Strasbourg. Son appel n’est pas pris au sérieux. Quelques heures après, la jeune femme décède. L’opératrice a regretté ses propos inappropriés. Elle avait travaillé 12 heures d’affilée ; le problème des conditions de travail pénibles du personnel du milieu médical apparaît dans ce cas de figure.  Une plainte a été déposée par les parents de Naomi Musenga contre l’établissement hospitalier de Strasbourg. Le parquet de Strasbourg a ouvert une enquête préliminaire contre l’opératrice pour non-assistance à personne en péril. Une enquête administrative a également été ouverte au sein de l’hôpital. L’opératrice est actuellement suspendue à titre conservatoire de ses fonctions.

Lorie, Emma et Océane, 2des1

 

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