Archives mensuelles : avril 2014

Les parties civiles plus puissantes que les lois ?

 

En 1987, Nelly Haderer meurt dans des conditions terribles dans une décharge à coté de Nancy tuée par un homme, Jacques Maire. Ce dernier, qui ne connaissait pas la victime, est arrêté et condamné avant d’être acquitté en 2008. Il a passé 2 ans derrière les barreaux. Mais en raison de la découverte d’ADN inculpant Jacques Maire, la famille de la victime demande la réouverture de l’enquête alors qu’il est normalement impossible de rejuger un acquitté

 

L’avocat de plusieurs parties civiles dans l’affaire du meurtre de Nelly Haderer à Nancy en 1987 affirme que des traces de l’ADN de Jacques Maire, définitivement acquitté en 2008 dans ce dossier, ont été retrouvées sur le jean de la victime.

« Oui, l’ADN de Jacques Maire a été retrouvé sur le jean de la victime tuée en 1987 » a indiqué Me Pierre-André Babel 

1987…Les enquêteurs font une macabre découverte dans une décharge située en banlieue nancéienne : Nelly Haderer, une jeune mère de famille est retrouvée , son corps découpé en morceaux et éparpillé. Ce spectacle d’une extrême barbarie entraîna l’arrestation de Jacques Maire, maçon de profession.

Celui-ci après 2 procès en appel et un acquittement en cours de cassation, obtient la liberté en 2008 après avoir passé 2 ans derrière les barreaux « injustement » selon son avocat, maître Liliane Glock.

2014… la Justice assiste à un rebondissement sans précèdent dans cette affaire. L’ADN de M. Maire est retrouvé sur le jean de la victime. Après cette annonce, la famille de Nelly demande la réouverture du procès. Malheureusement, en France, la législation ne permet pas de revenir sur la décision d’un acquittement. D’autres pays européens ont d’ores et déjà révisé leurs lois en s’adaptant au progrès de la science, qui de jour en jour, nous permet d’en apprendre davantage et d’appréhender les suspects beaucoup plus efficacement.

M. Maire : « Je n’ai rien à cacher … »

Lors du reportage diffusé le 4 février 2014, M. Maire déclare :« Je n’ai rien à cacher….et s’il faut se représenter devant un tribunal, pourquoi pas. »

De plus Maître Liliane Glock s’interroge sur la pertinence de la découverte de l’ADN. Selon cette avocate une erreur de manipulation pourrait expliquer le résultat de cette expertise.

L’assouplissement de la procédure de révision est prévue depuis quelques mois. Et avec le rebondissement de cette affaire, on peut se demander s’il faut pouvoir donner aux parties civiles la possibilités de réviser un acquittement définitif.

Ainsi, fin février, l’Assemblée Nationale examinera une proposition de loi visant à assouplir la révision des condamnations. C’est Georges Fenech, député UMP du Rhône et ancien juge d’instruction, qui en est à l’origine. Il estime que les progrès scientifiques, « notamment en matière d’expertise ADN, doivent être pris en compte pour réparer l’injustice envers les victimes . »

Sources :

http://www.rtl.fr/actualites/info/article/affaire-haderer-l-adn-de-jacques-maire-retrouve-sur-le-jean-de-la-victime-7769274265

http://www.lefigaro.fr/international/2014/01/30/01003-20140130ARTFIG00385-affaire-haderer-au-royaume-uni-rejuger-un-homme-acquitte-est-possible.php?pagination=2

http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20140130.OBS4395/affaire-haderer-27-ans-apres-l-adn-accuse-le-suspect-acquitte.html

Jérémie Voltzenlogel & Kaanu Olaniyi